Texte/Press

Marie-Pierre Brunel commence à s’intéresser à l’image au travers de techniques différentes allant du dessin à la vidéo en passant par la bande dessinée. Elle poursuit ses recherches d’agencement des images en ayant recours aux techniques de l’édition (gravure, sérigraphie, lithographie). Il en résulte quatre ouvrages imprimés thématiques « Space Hopi », « Bikini scalp », « Yepen », « Goulag Tattoos ». Elle s’inspire d’objets ethnographiques et de robots, de la représentation du corps féminin, du rapport entre l’Être humain et l’animal, de marqueurs corporels comme le tatouage.
Son langage plastique affirmé par une technique picturale personnelle qu’elle compare à la gravure d’une matrice d’impression apparaît sur des fonds noirs révélant des crânes, des personnages masqués pratiquant des danses rituelles. Ces propositions plastiques sont des détournements d’images vers des destinations surprenantes.
Les peintures et les dessins de Marie-Pierre Brunel relatent l’aventure de l’Être humain aux prises avec son environnement en cultivant ce concept freudien d’ « inquiétante étrangeté », faisant appel à ce malaise dû à une rupture dans la rationalité rassurante de la vie quotidienne.
Alain Cardenas-Castro

 

Marie Pierre Brunel est née en 1985. Originaire de Montbéliard, elle vit et travaille à Paris. A l’instar de sa formation passée par l’École européenne supérieure de l’image d’Angoulême puis l’École supérieure d’art et de design de Marseille, le travail de Marie-Pierre Brunel oscille entre dessin, illustration, édition et peinture. Après un long séjour au sein du Dernier Cri entre 2010 et 2014, où elle s’immerge au cœur de la scène undergraphique tout en développant sa pratique de la sérigraphie, elle intègre comme assistante l’atelier du plasticien Damien Deroubaix.

Dans le même temps son travail personnel, essentiellement centré sur les arts graphiques, va évoluer vers une approche résolument picturale en se nourrissant de références telles que le chamanisme, l’art brut ou l’anthropomorphisme, créant ainsi des personnages hybrides dotés de monstruosités et d’anomalies singulières. Jeux de masques, rituels ancestraux, croyances populaires et squelettes d’animaux confèrent une atmosphère sombre et inquiétante aux acryliques grand format de Marie-Pierre Brunel. Elles sont présentées pour la première fois à Paris à l’occasion de l’exposition DARKNESS.
Arts Factory, 2017

Les peintures de l’artiste Marie-Pierre Brunel campent un univers étrange, à limite de la réalité, convoquant les imaginaires populaires et mettant en scène l’enfance. Pour donner à ces images toute leur valeur intemporelle, l’Atelier Césure imagine une édition où les portraits d’enfants en pieds sont mis en face de morales de fables du 18ème siècle. Ainsi, ils semblent animés, scandant avec force des leçons de vie.
Le format de Morales rappelle celui des fabliers, et la mise en page, aux accents classiques, défie par endroit la métrique, bousculant les compositions typographiques pour faire surgir les mots, comme des cris.
Atelier Césure, 2017

L’artiste collectionne, compile, accumule toutes sortes de documents formant une bibliothèque de matière première nécessaire à sa production (anciennes publicités, manuels d’éducation, images encyclopédiques, gravures du folklore de différents pays…). Ces images sont par la suite conjuguées, détournées, disloquées ou collées les unes aux autres, offrant un univers singulier de mutations visuelles.
Son travail tourne autour des thèmes du masque, du déguisement, de l’animalité, des rituels ancestraux, de l’inquiétante étrangeté. On trouve de l’étrange, voire du fantastique, autant dans ses dessins que ses peintures, gravures, et collages.
L’artiste a exposé à Marseille, Hambourg, Tokyo, Forcalquier… Marie-Pierre Brunel a participé à de nombreux fanzines, magazines, et livres collectifs (Avorton, Banzaï, Gestrococlub, Viande de chevet, Le Crachoir, La tranchée racine, Poil Superflu, Hopital Brut, Gehen, Black eyes (USA), Qué Suerté (ES), Kuti-Kuti (Fi), Kus (Lva), Ax magazine (Ja)…).
Galerie E², Bruxelles, 2016

PRESSE
Après les accrochages rétrospectifs liés à son vingtième anniversaire, Arts Factory revient à ce qui fait sa force : révéler les jeunes talents de la scène graphique underground internationale. Un trio se partage l’espace. Nobu, soit Wataru Kasahara, offre avec Disgrace un pendant torturé à son œuvre musicale ; la Franco-Suédoise Rebecka Tollens propose Daydream, journal intime à la mine, particulièrement plombé ; tandis que la Parisienne Marie-Pierre Brunel s’échappe avec Darkness du côté obscur du mythe et du conte… Des visions sombres et désenchantées pour commencer l’année.
Télérama, Bénédicte Philippe, 2017

Le supergroupe composé de Forever Pavot, le projet d’un seul homme qui ressuscite le psychédélisme des 60’s ; et de Calypso, une formation de pop exotique au parfum de cocotier. Pourquoi l’écouter ? Mélodies colorées psychotropes, distorsions idoines et chœurs chamallow-esques : on nage en plein dans un délire sous LSD qui ne virerait pas au bad trip. La belle pochette peinte à l’aquarelle par Marie Pierre Brunel transporte Alice au pays des merveilles dans une jungle luxuriante.
Les Inrockuptibles, Bettina Forderer, 2016          

«Le travail de Marie-Pierre Brunel oscille entre dessin, illustration, édition et peinture. Elle se nourrit de références comme le chamanisme, l’art brut ou la transformation pour créer des personnages éphémères dotés de monstruosités et d’anomalies particulières.
“Chamanisme” est une série de peintures à l’acrylique sur papier aquarelle ou la notion “d’inquiétante étrangeté” donne naissance à des êtres aux visages cachés, effrayants et squelettiques. “Corps sous-marins” explore le symbolisme d’une époque révolue. Des personnages hors du temps fusionnent avec des éléments aquatiques. Dessinées sur un papier de récupération en petits formats, les images mettent en scène le règne animal et végétal.
Marie-Pierre Brunel a aussi réalisé “Yepen”, une édition composée de planches sérigraphiées dont l’emploi des couleurs primaires en transparence fait référence aux illustrations des années 50. Des corps montés de squelettes d’animaux confèrent à l’ouvrage une atmosphère inquiétante. Le médium, au service du propos, conduit l’artiste à la création de nouvelles formes…»
Etapes magazine spécial diplômés, Claire Gadault, 2015

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